Je fais visiter ce musée plusieurs fois par mois depuis son ouverture. Les mêmes questions reviennent, et les mêmes erreurs aussi : des gens qui arrivent un mercredi, des gens qui ont payé un billet dans la rue, des gens qui débarquent à 13h en plein soleil avec des enfants fatigués. Voici ce que je dis à tout le monde, dans l'ordre.
1. Il n'y a plus de guichet
Depuis la réouverture après le Covid, le musée et le Jardin Majorelle fonctionnent uniquement sur réservation en ligne, avec un créneau horaire. Pas de billet à la porte, quoi qu'on vous dise. Il y a trois formules : le musée seul, le jardin seul, ou le combiné qui inclut les deux plus le Musée Pierre Bergé des Arts Berbères. En saison, entre octobre et avril, les créneaux du matin partent plusieurs jours à l'avance. Réservez sur le site officiel, gardez le QR code sur votre téléphone, c'est tout.
2. Pas le mercredi
Le musée est fermé le mercredi. Le reste de la semaine, il ouvre à 10h et ferme à 18h, dernière entrée à 17h30. Pendant le Ramadan, ça ferme à 17h. Comptez une heure et demie pour le musée seul : une quarantaine de minutes dans la salle permanente, vingt minutes dans la galerie temporaire, le reste pour le patio, la librairie et le café.
3. Les deux bonnes heures
À 10h pile, à l'ouverture, le patio circulaire est vide et le soleil encore bas y découpe une ombre nette. C'est le seul moment où vous pourrez le photographier sans personne dedans. L'autre moment, c'est entre 16h30 et 17h30 en hiver : la lumière rasante embrase la façade et les briques ressortent en relief. Les photographes se mettent sur le trottoir d'en face. Entre les deux, à midi, la façade est plate et le jardin est une fournaise.
4. Dans quel ordre
Si vous avez le combiné : jardin d'abord, à l'ouverture (8h l'été, 8h30 l'hiver), puis le musée des Arts Berbères qui est dedans, puis vous traversez la rue vers le Musée YSL vers 10h30. Les autocars arrivent vers 11h. Vous les croiserez en sortant.
Venez le jour de votre arrivée à Marrakech, quand vos yeux ne sont pas encore habitués à la couleur.Sofia El Idrissi
5. Sur place
Les gros sacs sont refusés et le vestiaire est petit, alors voyagez léger. Photos sans flash autorisées dans le hall et les cours, interdites dans la salle permanente : les textiles ne supportent pas la lumière. Tout est accessible en fauteuil roulant, il y a un ascenseur et des rampes. Le café Le Studio, sur la terrasse, fait un bon thé à la menthe et des pâtisseries correctes. Prenez-le avant de repartir, pas avant d'entrer.
6. Quelle saison
L'été à Marrakech, c'est régulièrement plus de 40 degrés. Le musée est climatisé, le jardin non. Les meilleurs mois sont octobre-novembre et mars-mai. Décembre et janvier sont frais le matin, parfois 8 degrés, mais le ciel est d'une netteté qu'on ne retrouve pas le reste de l'année. Évitez si vous pouvez les vacances scolaires européennes : les créneaux du matin sont pris d'assaut.
7. Autour
Vous êtes à Guéliz, la ville nouvelle dessinée dans les années 1920. L'avenue Mohammed V descend tout droit vers la Koutoubia et la médina : vingt-cinq minutes à pied, dix en taxi. En chemin, des immeubles Art déco, quelques galeries d'art contemporain, des librairies. Si vous avez encore une après-midi culturelle en réserve, le MACAAL, musée d'art contemporain africain, se trouve au sud de la ville, à une vingtaine de minutes en taxi.
Texte écrit par la rédaction de L'Écrin d'Ocre, sans lien avec le Musée Yves Saint Laurent Marrakech. Vous avez repéré une erreur ? Dites-le-nous, on corrige.